"En passant par la Lorraine"
est une des chansons les plus populaires du répertoire français
en général, et chez les tout petits en particulier. C'est
pourtant une fabrication de circonstance qui apparut en 1885 lors d'une
audition de chansons dites "populaires" ou folkloriques, devant un parterre
d'érudits. La troisième république avait commencé
sa croisade pour l'enseignement publique partout en France, et des chansons
(en bon français ! ) figuraient au programme du certificat d'étude.
"La Marseillaise", bien sûr, mais aussi des rondes venues de toutes
les provinces.
On retrouve l'origine
de la mélodie et des paroles dans une chanson bretonne "En m'en
revenant de Rennes" dont l'existence remonte au moins au XVIeme siècle,
et sa variante "C'était Anne de Bretagne". Après être
tombée dans l'oubli, un petit malin l'a redécouverte et réécrite
en bon français, ajouté un refrain (avec mes sabots dondaine...).
Et surtout, il eut l'idée géniale de remplacer Rennes par
Lorraine. Aucun français ne pouvait alors chanter ce refrain sans
songer à la province perdue, à la honte de la défaite
de 1870, et à la revanche à laquelle déjà on
se préparait... Ref : Histoire
de la chanson française, par Claude Duneton.
[Fa]En
passant par la Lor[SIb]raine, [Fa]Avec
[SIb]mes
sa[Fa]bots [Fa]En
passant par la Lor[SIb]raine, [Fa]Avec
[SIb]mes
sa[Fa]bots [Fa]Rencontrai
trois capi[Lam]taines, Avec mes sa[Fa]bots
[DO7]don[Fa]dai-ne [Fa]Ho!
Ho! Ho! [SIb]Avec
[DO7]mes
[Fa]sabots.
Rencontrai
trois capitaines Ils m'ont appelée
: vilaine.
Ils m'ont appelée
: vilaine, Je ne suis pas
si vilaine !
Je ne suis pas
si vilaine Puisque le fils
du roi m'aime !
Puisque le fils
du roi m'aime Il m'a donné
pour étrenne.
Il m'a donné
pour étrenne Un joli pied
de verveine.
Un joli pied de
verveine S'il fleurit
je serai reine.
S'il fleurit je
serai reine S'il meurt je
perds ma peine.